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Praha · RÉCIT DE L’ATLAS

La mémoire du « livre de pierre »

Charles IV fonda la cathédrale Saint-Guy sur les fondations d’une ancienne basilique en 1344. Initié aux principes de l’ésotérisme durant sa jeunesse passée en France, l’empereur voulut organiser l’ensemble urbain de Prague selon sa conception cosmologique, comme un grand calendrier où les événements célestes trouvaient leur correspondance dans l’agencement terrestre. Il invita pour cela des architectes éminents liés à la tradition occidentale des confréries de bâtisseurs. Mathieu d’Arras fonda au château de Prague un atelier où étaient conservés les plans de construction auxquels il avait travaillé avant même d’arriver à Prague. Plus tard, l’empereur fit venir de Schwäbisch Gmünd Peter Parler, architecte lié aux corporations de bâtisseurs de Cologne et d’Ulm. Le nom de ce maître peut se comprendre comme « pierre parlante », désignation appropriée pour un artiste qui faisait parler les « livres de pierre » des cathédrales. Son surnom renvoie, non par hasard, à une origine française fondée sur parleur, c’est-à-dire bavard, terme d’argot ironique pour un représentant de l’Art gothique. Car, selon les mots de Fulcanelli, une cathédrale relève autant de l’art goth que de l’argot. Une langue secrète, avec des symboles et des rites, constituait le patrimoine commun et caché des confréries de bâtisseurs. À la lumière de ces éléments, il paraît significatif que, juste avant l’interruption du chantier en 1418, le nom de Pierre apparaisse encore une fois, sous le seul diminutif Petrlík, comme s’il incarnait déjà le déclin dans lequel la construction sombra pendant les guerres hussites, caractérisant des travaux d’entretien plutôt que de création. Saint-Guy devait abriter les joyaux du couronnement et ceux de la cathédrale. Elle était aussi destinée à être la dernière demeure des saints de Bohême — saint Jean Népomucène est enterré dans la chapelle qui porte son nom et saint Guy derrière le maître-autel — et des rois, à commencer par Charles IV, inhumé dans la chapelle de la Sainte-Croix où reposent notamment aussi les restes de Rodolphe II. La cinquième chapelle latérale à droite, sur le côté sud de la cathédrale, est la chapelle Saint-Venceslas, ornée de scènes de la vie du saint. Les espaces entre les peintures sont incrustés d’agates et de chrysoprases de Bohême fixées dans un mortier doré. Son importance dominante est soulignée par la grande tour qui s’élève exactement au-dessus. Celle-ci fut disposée par rapport à la tour du pont Charles, côté Vieille Ville, de sorte qu’au solstice d’été, vu depuis l’axe de cette tour du pont, le soleil couchant brille précisément dans le lanternon de la tour Saint-Guy, au-dessus de la chapelle où la couronne royale repose sur le crâne de saint Venceslas, patron de la Bohême. Durant son séjour à Prague, le poète français Guillaume Apollinaire trouva ici son propre portrait dans l’une des agates, près de l’anneau auquel saint Venceslas se serait agrippé en mourant à Boleslav.

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Situation et carte

Lieu
Praha
Commune / point de départ
Praha
District / région
Non indiquée dans les sources
Pays
Non précisé dans les sources
Situation indiquée dans les sources
Non précisée dans les sources.

Charles IV fonda la cathédrale Saint-Guy sur les fondations d’une ancienne basilique en 1344. Initié aux principes de l’ésotérisme durant sa jeunesse passée en France, l’empereur voulut organiser l’ensemble urbain de Prague selon sa conception cosmologique, comme un grand calendrier où les événements célestes trouvaient leur correspondance dans l’agencement…

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SOURCES DU RÉCIT

Sources de l’atlas d’origine Tajemná místa · page 270

Cette légende transmet un récit populaire. Ses motifs ne constituent pas des preuves de phénomènes surnaturels.

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